Amethyst Women's Stories

Alexis
Anne
Delores
Diane
Jean
Mary Anne

Alexis

« Alexis » est née en 1958 de deux personnes qui avaient émigré au Canada en provenance d'Allemagne. Son père a été interné par le gouvernement canadien durant la guerre et sa mère a émigré après la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Son père était un homosexuel qui, en raison des pressions sociales de l'époque, s'était marié et avait eu une enfant. La mère d'« Alexis » a souffert du syndrome de stress post-traumatique après avoir survécu à la guerre et « Alexis » a dit que les symptômes de ce trouble lui ont été manifestes tout le temps qu'elle a connu sa mère.

« Alexis » avait un trouble d'apprentissage appelé « dyslexie » et quand elle a commencé l'école, elle était souvent tellement frustrée quand elle revenait chez elle qu'elle se frappait la tête contre le mur. Les enfants du quartier la taquinaient souvent en raison de son accent allemand. A cinq ans, elle s'est fait battre par un groupe d'enfants. Quand elle est rentrée à la maison, elle a dit à sa mère qu'elle ne prononcerait plus un seul mot d'allemand de sa vie. Et c'est ce qu'elle a fait. Par conséquent, elle a perdu cette partie de son patrimoine.

A sept ans, elle a été victime d'actes graves de violence sexuelle aux mains d'une gardienne. Sa mère a découvert ce qui se passait et a mis fin aux mauvais traitements. Les deux parents pouvaient voir que ce traumatisme nuisait considérablement à leur fille et cette dernière affichait déjà, à un âge si tendre, des signes de détresse. Ils ont alors décidé d'obtenir l'aide d'un professionnel à l'Université d'Ottawa. Un psychologue a évalué « Alexis » et a indiqué qu'elle était dans un « processus schizophrène qui était sur le point d'éclater. Il a ajouté qu'elle avait besoin de thérapie et devrait être retirée de son foyer actuel »*. Il ne croyait pas que la violence qu'« Alexis » avait subie était un facteur important. Il a plutôt jeté le blâme sur sa mère qui « ne répondait pas aux besoins psychologiques de l'enfant »*. On a effectivement enlevé « Alexis » à ses parents et on l'a placée dans un établissement pour enfants en détresse. Avant de quitter son foyer, elle avait été victime de mauvais traitements infligés par sa mère qui, à ce moment-là, était elle-même au bord de la dépression.

Malheureusement, la vie d'« Alexis » ne s'est pas améliorée dans l'établissement oû elle vivait. Encore une fois, elle subissait les mauvais traitements que lui infligeaient des membres du personnel et d'autres pensionnaires. Il arrivait même parfois que sa conseillère la place à côté de sa mère pour dire aux deux que la mère d'« Alexis » avait ruiné la vie de sa fille. D'autres fois, on lui a dit que personne ne l'aimait et qu'elle n'avait pas d'amis.

« Alexis » a vécu dans cet établissement de 8 à 15 ans. À neuf ans, elle a découvert que si elle buvait de l'alcool avant d'aller au lit le soir, elle était libérée de ses cauchemars continus. Elle rapportait de la boisson de chez elle secrètement et cachait l'alcool dans l'établissement et en buvait le soir. À dix ans, elle a commencé à fumer et prenait le risque de se faire battre par le personnel de l'établissement si elle se faisait prendre. Vers dix ans et demi, « Alexis » a commencé à consommer de la marijuana. C'est à l'âge de 15 ans qu'elle a quitté l'établissement. Le personnel avait déterminé qu'il « n'avait plus rien à lui offrir » et l'a renvoyée chez ses parents. Sa mère a continué à lui infliger des mauvais traitements et ne savait pas comment aider sa fille, qui avait commencé à s'attirer des ennuis à l'école et dans la communauté.

« Alexis » avait appris à se battre et s'est souvent retrouvée au milieu de confrontations physiques avec d'autres adolescents. Elle sortait souvent de la maison en cachette le soir pour aller boire. Elle a été acceptée à Lisgar Collegiate High School et a subi un examen de dépistage de troubles d'apprentissage. Elle a été placée dans des classes pour enfants en difficulté, mais a été obligée de s'absenter pendant un an en raison d'une blessure au genou et de l'opération subséquente. En 1977-1978, on a inscrit « Alexis » à des cours de niveau général et cette dernière a commencé à mieux réussir à l'école. En ayant assez des querelles entre ses parents, « Alexis » a emménagé chez son employeur en qualité de bonne d'enfants. Cette année-là, elle a eu une moyenne de B+ à l'école. Elle est retournée vivre chez ses parents en treizième année et, malheureusement, a échoué son année. « Alexis » n'était plus victime de violence physique à la maison, mais elle s'est rendu compte qu'elle se comportait elle-même de façon violente; elle se battait encore.

À la fin de l'adolescence, début de l'âge adulte, « Alexis » s'est mise à consommer encore plus d'alcool et de marijuana et elle avait plus de difficulté à bien fonctionner. Elle a été congédiée d'un emploi qu'elle tenait depuis un an et demi après avoir été réprimandée pour avoir pris des drogues. Peu de temps après, « Alexis » a rencontré un homme et est tombée enceinte. Le couple a duré, mais, malheureusement, « Alexis » a fait une fausse couche. Avant de pouvoir venir à bout de cette perte, elle est de nouveau tombée enceinte. Elle a arrêté de boire. Elle ne pouvait pas vivre sans alcool, mais comme elle ne voulait pas compromettre la santé de ses enfants à cause de l'alcool, elle a été sobre pendant presque deux ans. En effet, elle a été enceinte pendant 21 mois sur 24. Sa mère est décédée 18 jours avant qu'« Alexis » donne naissance à son premier enfant en 1982. Un an plus tard, « Alexis » a accouché de son deuxième enfant.

En 1983, « Alexis » avait l'impression qu'elle ne s'y prenait pas de la bonne façon avec ses petits bébés. Elle se trouvait inapte et elle ressentait des sentiments de violence envers ses enfants. Craignant pour la sécurité de ces derniers, elle a pris l'initiative de téléphoner à la Société d'aide à l'enfance (SAE), après quoi sa consommation d'alcool a grimpé en flèche et « Alexis » avait de plus en plus de difficulté à maîtriser sa colère. En effet, à trois occasions, elle a frappé ses enfants. Elle était tourmentée par son alcoolisme et par l'impression que ses enfants méritaient plus que ce qu'elle pouvait leur donner. Elle a donc téléphoné à la travailleuse qui s'occupait de son cas à la SAE et les enfants ont été placés. « Alexis » a encore les larmes aux yeux quand elle décrit le jour où elle a pris les moyens pour protéger ses enfants et où on lui a pris ses précieux bébés. Ces derniers sont restés dans une famille d'accueil pendant quatre mois. « Alexis » avait alors pratiquement mis fin à sa consommation de marijuana, mais après avoir été séparée de ses enfants, elle a redoublé sa consommation d'alcool.

En 1986, « Alexis » en avait eu assez et s'est rendue à un centre médical de désintoxication et de traitement pour hommes et femmes. Elle a trouvé le programme trop difficile et n'a pas réussi à arrêter de boire. Elle a toutefois persévéré et est allée dans un autre centre de traitement aux États-Unis, où on l'a mise en congé après 24 heures indiquant qu'on ne pourrait pas l'aider en raison de ses problèmes de santé mentale. On lui a alors prescrit toutes sortes de médicaments, y compris des médicaments antipsychotiques, qu'elle prend encore aujourd'hui. Elle a tenté de se suicider à deux reprises en prenant une surdose de ses médicaments. En 1987, elle a quitté son mari et lui a donné la garde exclusive des enfants, croyant qu'elle serait incapable de s'occuper d'eux.

En 1988, « Alexis » a pris une autre importante surdose et a été à un cheveu d'y laisser sa vie. Elle a été hospitalisée pendant deux semaines. Les médecins ont alors posé un diagnostic de trouble psychiatrique : trouble de la personnalité limite et réaction dépressive à l'anxiété. Quand « Alexis » parle de cette époque de sa vie, elle dit que l'alcoolisme dominait tout. Elle ne consommait plus d'autres drogues, mais elle n'avait aucune maîtrise sur sa consommation d'alcool et elle s'en rendait compte. En 1990, elle s'est remariée avec un homme qui était très violent verbalement et elle a continué à boire tout en prenant ses médicaments. « Alexis » a trouvé la force d'arrêter de boire pendant deux ans, soit de 1993 à 1995. Néanmoins, à l'été de 1995, comme elle était prise dans un mariage qui la rendait malheureuse et qu'elle s'ennuyait de ses enfants, elle s'est remise à boire en cachette. Elle savait qu'elle ne pouvait pas continuer à vivre ainsi et, en 1996, elle a quitté son mari. Toutefois, sa dépendance s'est aggravée et « Alexis » buvait de plus en plus pour faire face à sa vie, tandis qu'elle continuait à prendre ses médicaments. En avril 1996, la santé mentale d'« Alexis » s'est détériorée et cette dernière a été hospitalisée pendant six semaines. Peu de temps après, elle a fait une autre surdose majeure. Presque un mois entier de ce pénible été échappe à sa mémoire.

Après cette dernière surdose, le psychiatre d'« Alexis » a recommandé qu'elle vive dans un foyer de groupe pour patients psychiatriques. Cette dernière était furieuse qu'on la place ainsi. Elle a pratiquement perdu tout espoir et est devenue très déprimée. Sa consommation d'alcool a augmenté. Dans le foyer de groupe, l'atmosphère était souvent stressante et sa colère l'a souvent emporté sur elle. Un jour, « Alexis » a détruit une table de billard avec une hache. La direction du foyer a décidé de lui donner une deuxième chance. La situation ne s'est pas améliorée pour « Alexis » et, en février 1996, son père est décédé.

*Ces citations ont été tirées directement du résumé de l'évaluation rédigé en 1965.

En 1997, « Alexis » a décidé de quitter l'établissement. Elle a essayé de vivre seule pendant presque un an, mais elle a continué tant bien que mal à lutter contre sa dépendance à l'alcool. En 1998, elle s'est installée de nouveau dans le foyer de groupe et n'a pas abandonné sa lutte. Malade encore une fois, elle a été hospitalisée pendant quatre semaines par suite d'une surdose. Après cette dernière hospitalisation, elle voulait mettre fin aux problèmes de santé mentale et de toxicomanie qui avaient marqué sa vie. Elle a donc appelé notre organisme (Centre Amethyst pour femmes toxicomanes) et a décidé de travailler à son rétablissement une fois de plus. « Alexis » était encore en proie à sa dépendance, cependant, et elle était incapable de rester sobre pendant longtemps. Elle a été orientée vers le programme de traitement de la toxicomanie à l'hôpital psychiatrique local, mais n'a pas terminé ce programme. Toutefois, elle n'a pas lâché; elle est retournée au Centre Amethyst où, en 1999, elle a terminé le programme de traitement de jour.

En septembre 2000, « Alexis » trouvait que la vie au foyer de groupe était toujours stressante et elle a eu un certain nombre de disputes avec d'autres pensionnaires (souvent pour protéger un autre pensionnaire ou un membre du personnel). « Alexis » a donc décidé d'essayer de vivre seule une autre fois. Elle a emménagé avec une amie et a fait une rechute. Après trois mois de vie autonome à voir sa dépendance prendre de l'ampleur une fois de plus, « Alexis » a fait ce qu'elle a cru nécessaire pour se protéger et a négocié son retour au foyer de groupe.

Je trouve qu'il importe à ce point-ci d'insister sur le courage immense qu'il a fallu à « Alexis » pour persévérer. En 2000, « Alexis » a suivi un cours intitulé « Solutions à la colère pour les femmes » donné au Centre Amethyst. Depuis au moins deux ans, elle n'a pas réagi violemment ni eu de confrontations violentes. « Alexis » a également pris la mesure courageuse de suivre un programme pour survivantes de violence sexuelle qui se rétablissent d'un problème de toxicomanie. Elle trouvait que le temps était enfin venu de faire face à ses démons et à ses cauchemars. Ce cours était très intensif et les cauchemars d'« Alexis » sont revenus en trombe. Elle a df travailler très fort pour prendre soin d'elle durant cette période. « Alexis » a fait d'excellents progrès dans le cadre de ce programme, bien que ce füt très pénible pour elle. Ce qui est encore plus surprenant, c'est qu'une fois le programme terminé, « Alexis » s'est rendu compte qu'il restait encore du travail à faire à ce chapitre et elle s'est inscrite au groupe suivant de survivantes, puis à une autre encore. Elle a participé trois fois à cet atelier des plus douloureux!

Il importe de signaler que, chaque fois, les cauchemars d'« Alexis » revenaient et que cette dernière devenait très vulnérable. Elle dit qu'elle en est plus forte aujourd'hui et qu'elle est contente d'avoir décidé d'y mettre tant d'efforts.

Il faut également mentionner qu'« Alexis » vit dans un foyer de groupe situé à 45 minutes en dehors de la ville. Son engagement a nécessité qu'elle fasse la navette plusieurs fois durant la semaine pour avoir accès au soutien dont elle avait besoin pour venir à bout de sa toxicomanie. Il y a maintenant un an et demi qu'« Alexis » est sobre. Elle compte parmi les personnes les plus douces et gentilles qui soient. Elle n'a jamais cessé de rechercher l'aide dont elle avait besoin pour découvrir sa voix et sa force. Elle les a enfin trouvées. En plus de travailler à vaincre sa toxicomanie, elle voit une psychologue et une travailleuse sociale.

Chaque fois qu'on l'invite, « Alexis » donne, par l'entremise des AA, des conférences dans la communauté. Elle dit qu'elle veut aider les gens grâce à ses propres expériences et elle croit avoir quelque chose à offrir. Aujourd'hui, en plus de mener à bien son travail communautaire, « Alexis » prévoit se marier à l'été 2003. Elle a rencontré son fiancé et est tombée amoureuse de lui dans un foyer de groupe où il était aussi pensionnaire. C'est un homme gentil et respectueux. Ils se soutiennent mutuellement dans leur lutte contre la maladie mentale. Elle est très fière de ses deux enfants qui sont maintenant des adultes forts et solides.

« Alexis » touche et inspire les gens par sa seule présence. Elle redonne aussi à la communauté en parlant à des femmes incarcérées au centre local de détention sur ce que c'est de vivre avec la toxicomanie et la maladie mentale. Elle donne aussi des conférences à de jeunes femmes en centres de traitement. Elle personnifie le courage, la détermination et l'humilité. Elle
redonne à la communauté chaque fois qu'elle le peut.

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Anne

My father, while being an excellent provider, was both physically and verbally abusive. My mother and my siblings were always waiting for the next shoe to drop, so to speak, and it did, with my father being allowed to go amok as suited his purposes.

In those days, I am reminding you, no one addressed domestic violence, and I thought that every one lived like this. The words, "Be a nice girl," still resonate within me, and looking back, it was not easy for me to be nice all the time, and comply comply comply. And certainly when I was in my forties, being nice all the time became impossible, and I began to seethe, and that's when I started to drink.

Another problem: "nice" women didn't drink, so I made sure that I did not drink at social gatherings. I binge-drank, and then only when everyone in my family was nicely tucked into bed. I awoke those mornings-after feeling despondent and guilty, vowing over and over again never to do this again, but it was not that easy to stop.

During one of my binges, I fell and broke my left wrist, and my drinking problem had to be addressed. I guess you might say that this event was my hitting the bottom.

My family doctor sent me to a psychiatrist, who willingly prescribed Valium to ease my anxiety. What great treatment…I now had Valium and booze.

At about this time, 1980, when I was 48 years old, a then and now dear friend, who had some knowledge about Amethyst Women's Addiction Centre, encouraged me to go there for treatment.

I, scared out of my wits, and it took some time, mustered up the nerve to telephone Amethyst to finally acknowledge my dependency on drugs and alcohol. I was aware that Amethyst was a feminist Agency, and in those days, the word "feminist" was threatening, to say the least, the popular consensus at the time being that nice women were not feminists. Another dilemma for me: was I was going to a feminist agency for help.

Now comes the good part, but it was not easy. In fact it was downright painful, but, taking part in Amethys'st program, which was then in its formative stage, was the best thing that ever happened to me, and, I might add, to my family. I was not judged by anyone at Amethyst. Rather, with the help of so many caring women, and this includes the counsellors and the women who were in the program with me, I was able to address the issues/stresses that had led to my addiction.

I was able to share what I learned with my family, and my husband, who had some kinks in his armour, sought help so that he could be a more rounded individual. We were both products of the environment in which we grew up.

To this day, 25 years later, I marvel at how much I learned from the women with whom I shared my life experiences. I learned, among many things, how to be "assertive," and I learned that while having a drink was okay for someone else, it was not okay for me. I learned to accept my feelings, good and bad, and learned finally that I did not have to be nice all the time! I was encouraged to explore avenues outside of my home that would fulfill me, and so began my foray into English Literature and into quilting – chemical free.

As I try to give a little back to Amethyst and to my community, I continue to learn from the women that I meet and who I work with, and that's been a real bonus and a real blessing.

I owe the life I have now to Amethyst and to the women who believed in me. It's a good life!

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Delores

Depuis plus de seize ans et après avoir suivi sept traitements, Dolores essaie de venir à bout de sa dépendance. Les difficultés qu'elle a rencontrées ont trait au fait qu'à toutes les séances de traitement de groupe auxquelles elle a participé avant Amethyst, il y avait des hommes. Par conséquent, il lui était difficile de parler des problèmes liés à la violence sexuelle, physique et affective en présence d'hommes.

Dolores a fait son entrée dans le monde de l'effeuillage à un jeune âge parce que c'était lucratif et qu'elle n'avait jamais à payer ses consommations d'alcool.

Enfant, Dolores a été victime de violence physique et sexuelle aux mains de sa mère et de son beau -père. Le premier partenaire qu'elle a eu la maltraitait, mais Dolores croyait que c'était « normal ». Quand elle a quitté cette relation, elle en a amorcé une nouvelle avec un autre partenaire qui lui infligeait aussi des mauvais traitements.

« J'étais gênée et j'avais honte du fait que, à 34 ans, je manquais tellement de maturité, mais maintenant, j'ai 37 ans et je sais que j'ai pris de la maturité, que je peux prendre des décisions qui influent sur ma vie et que je suis capable de rester sobre… Il suffit de vivre une journée à la fois. »

« Je me suis toujours considérée comme ce qu'il y a de pire en raison de la violence dont j'ai été victime durant mon enfance et en tant qu'adulte. Mais, il y a maintenant huit ans que je suis loin de ma famille et quand j'entre en contact avec elle, c'est comme si je remettais un pied dans le passé. J'ai reçu un courriel de ma mére l'autre jour et c'était affreux. Pourtant, j'ai simplement dit 'Je t'aime; je pense à toi'. J'aurais pu lui envoyer un courriel horrible et lui dire toutes les choses affreuses qui me sont arrivées… la violence, la pédophilie. Elle ne m'a jamais cru quand je lui ai parlé des avances qu'il m'avait faites, ainsi qu'à mon fils et à ma fille. De la négligence et de la violence, il y en a eu. Elle me traitait toujours de 'guidoune et de menteuse' et regardez ce qui m'est arrivé. Je suis devenue une effeuilleuse et une sexomane, ce qui a entraîné d'autres dépendances. Ce sont tous des problèmes majeurs auxquels je n'ai pas encore fait face, mais que je devrai affronter quand je me sentirai prête. Me faire gifler en plein visage, c'était de l'attention, de l'amour parce que c'est ce que j'ai reçu dans mon enfance. »

Dolores est venue pour la première fois au Centre Amethyst après avoir participé à un programme en établissement où, à son dire, elle ne se sentait ni à l'aise ni en sécurité. Lors de sa première rencontre avec une conseillère à Amethyst, Dolores explique : la conseillère savait où j'en étais ». Dolores a assisté à des séances de groupe et, bien qu'elle était très timide et qu'il lui a fallu beaucoup de temps avant de partager son vécu avec les autres femmes du groupe, elle a trouvé l'expérience très bénéfique et les autres participantes, très chaleureuses.

Selon Dolores, dans le cadre d'un programme de 21 jours en établissement, une fois que l'organisme s'est libéré des toxines et qu'on est prête à écouter son conseiller, c'est le temps de retourner à la maison. « Au Centre Amethyst, on se désintoxique à son propre rythme, on assiste aux séances de groupe quand on peut et on travaille àson propre rythme. »

« À ma première visite à Amethyst, je n'avais pas un sou. J'avais l'air du diable. Ce que je disais n'avait pas de sens. J'avais les plus stupides des petits problèmes et le personnel d'Amethyst était là pour me remettre sur mes deux pieds, me guider et m'aider. »

« Â Amethyst, personne ne m'a jugée ou critiquée. Chacune utilise ses propres moyens et suit sa propre voie. On m'a offert une foule de possibilités et personne ne m'a dit quoi faire. Chacune a des besoins particuliers et, à Amethyst, on répond aux besoins de chacune en conséquence. Mes besoins ont effectivement été satisfaits. »

« Après six mois, parce que j'étais sobre, j'ai commencé à avoir des flashbacks. Quand je buvais, je n'avais pas de flashbacks parce que l'alcool repoussait et cachait la douleur. J'ai travaillé avec ma conseillère à apprendre à découvrir mes 'problèmes'. Deux ans plus tard, je sais que je ne connais pas encore tous mes "problèmes", mais je sais comment faire face à ceux dont j'ai connaissance et j'ai réussi à régler ceux-là. »

« Au cours de ma première année à Amethyst, j'ai appris à rester sobre, puis j'ai appris à traiter les problèmes dans ma vie. »

« Ce que j'ai appris à Amethyst, c'est de voir 'ma vie dans son ensemble'. »

« Amethyst, c'est un processus d'apprentissage… Apprendre à venir à des séances de thérapie de groupe et à échanger avec d'autres femmes… on apprend à écouter, à ne pas interrompre, à ne pas juger. Chaque femme qui arrive à Amethyst est différente et unique, mais nous avons toutes un but en commun, soit de rester sobre. C'est une expérience très touchante pour moi, et de quitter Amethyst… »

« Les envies viennent très souvent quand on vient juste d'arrêter de consommer, mais elles durent 15 secondes. Le temps qu'il faut pour enfiler ses chaussures et son manteau, puis sortir pour aller acheter une bouteille, l'envie est partie… On serait aussi bien de ne pas mettre ses chaussures. »

« A 27 ans, j'ai eu ma fille. J'avais deux emplois parce que je voulais donner à mes enfants une maison et un bon foyer. »

« Mes enfants ont beaucoup souffert pour les choses que j'ai faites et moi aussi. Mais c'était le chemin qui m'était destiné et Amethyst se trouvait sur mon chemin. Si ce n'avait pas été d'Amethyst, oj serais-je aujourd'hui? »

« Perdre mes enfants a été la partie la plus pénible de toute cette tragédie. Mon fils de 17 ans vit maintenant avec moi et je me bats pour obtenir la garde de ma fille de 13 ans qui subit la violence sexuelle que j'ai moi-même vécue quand j'étais enfant. Je sais que, en bout de piste, je suis responsable de ma vie, mais quand on est dans "sa maladie", on ne voit pas les choses clairement. »

« Amethyst offre une foule d'ateliers qui aident les femmes à faire face à leurs problèmes, par exemple "l'atelier sur la violence sexuelle", que j'ai suivi. Je sais qu'il me faut travailler davantage à régler mes problèmes concernant ma famille. Personne ne m'a dit, à Amethyst, que c'était ce qu'il fallait que je fasse. Ma conseillère m'a laissée découvrir moi-même ce qu'il fallait que je fasse parce qu'elle savait que j'étais la seule à connaître mes problèmes. On ne m'a jamais dit quoi faire; on mettait plutôt discrètement certains points en évidence – 'Vois-tu le lien entre ceci et cela?' Rien ne m'a jamais été dit directement. L'expérience était un processus d'apprentissage qui visait à me faire découvrir les choses par moi-même. Le processus logique et le processus d'apprentissage, quand c'est parti, ça fait boule de neige. »

« J'ai encore des mauvaises journées, mais j'ai appris à m'y adapter. »

« Quand je suis arrivée ici, je pensais vraiment que je n'apprenais rien, mais je sais maintenant à quel point j'en ai appris, car au lieu de réagir maintenant, je traite les difficultés en réfléchissant et en prenant la décision qui me convient le mieux. »

« Quand une décision me donne du fil à retordre, je pense à ce que les femmes à Amethyst me diraient, parce que je les ai toujours en tête. Je sais que, même s'il n'y a pas nécessairement de solution, il y a espoir et soutien. »

« Je ne veux jamais recommencer à boire comme je le faisais. Je ne pourrais pas faire ça à mes enfants ni à moi-même. Je sais qu'il faut vivre une journée à la fois. »

« Le fait que nous avons ce problème n'est pas ce qui nous définit. Nous avons toutes des qualités et les femmes qui travaillent à Amethyst le constatent. Le fait que nous avons un problèmen'est pas ce qui compose tout notre être; ce n'est qu'une partie de nous. Nous avons toutes du potentiel. C'est arrêter ce problème et apprendre à faire face à nos sentiments, apprendre à régler nos problèmes, puis à trouver le bonheur et la paix. C'est un processus, auquel je travaille encore. Cependant, je suis fière de m'être rendue aussi loin. J'aurais voulu le faire un peu plus rapidement. »

« Quand on devient sobre, on peut réfléchir à ce qu'on a vécu. On peut comprendre et traiter ce vécu, puis finir par pardonner. C'est justement ce à quoi je travaille ces derniers temps avec ma famille. Je souhaite ce qu'il y a de mieux à ma mêre, mais je sais qu'il me faudra du temps avant de lui pardonner. »

« En général, je peux maintenant comprendre ce qui se passe en faisant confiance à mon intuition. Elle me dit ce qui est bon pour moi et ce qui ne l'est pas. Quand je suis arrivée ici, j'avais la maturité d'une fille de 12 ans, même si j'en avais 34. Mais, après m'être prise en mains, je suis pratiquement devenue autonome. »

« Amethyst ça marché pour moi grâce à sa philosophie et parce qu'il n'y a que des femmes. »

« Mes projets d'avenir… J'aimerais retourner aux études et ouvrir un café de jeu Internet où les enfants pourraient venir jouer à des jeux vidéos à l'ordinateur à l'heure du midi et après l'école et j'aimerais aussi ouvrir un centre de loisirs. J'aimerais qu'il y ait une thérapeute, que ce soit un endroit où les enfants peuvent faire leurs devoirs et du bricolage et se sentir en sécurité. »

« Je peux regarder ma famille aujourd'hui et voir qu'elle est dysfonctionnelle. Chacun le nie et semble vivre une vie normale, mais dans le fond, ce sont des personnes très tristes. Pour ma part, j'ai le potentiel, l'intelligence et la sagesse, les connaissances et les outils nécessaires pour mener une vie fonctionnelle, être en bonne santé et avoir une relation saine. »

Dolores « D » Berger

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Diane

Diane has struggled with depression and mood swings for most of her adult life. Initially she turned to alcohol to try to control her moods. When this didn't work she sought professional help from a psychiatrist, which resulted in a series of prescriptions for tranquilizers and antidepressants. Unaware that she was addicted to alcohol and prescription drugs, Diane phoned Amethyst to inquire about the safety of the drug Lithium, commonly prescribed for manic-depressive disorder. Her doctor was recommending she take the drug, even though she had shown no signs of the disorder in previous testing.

Amethyst's two-year program was the beginning of a new life for Diane. During this time she established new support networks and began intensive therapy which helped her to explore the roots of her addiction. The work still continues today for Diane, but now the lows are never as low, and she has many new tools to use to combat them.

Throughout her struggle, her husband and three children have provided invaluable support, and as a result of her experience, the family has grown in unexpected ways that have brought them closer. Today, Diane reaches out to other women going through similar struggles by organizing such groups as Women for Sobriety and by sharing her wisdom and experience in a number of support groups.

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Jean

In her late twenties, Jean underwent major surgery. The experience was traumatic, but what Jean remembers best are the drugs she was given for the pain, explaining "liked the way they made me feel". Life had dealt Jean some painful blows in the previous few years, including the death of a child. She had never been able to talk about these events and the painkillers took the edge off her sorrow. This was the beginning of years of struggling with an addiction to prescription drugs.

Throughout her struggle Jean completely lost her sense of identify. And she almost lost her life too. "When I first came to Amethyst I was close to death" Jean recalls. "If I hadn't been accepted into the program, I don't think I would have survived, or wanted to survive."

Jean believes her time at Amethyst made her feel life was worth living. With a diminished sense of self, the most important skill she learned was how to listen to her own voice – to believe in herself. "I was always a people-pleaser. I had to learn not to worry so much what other people think; they can have their opinion and I can have mine."

This skill was put to the test recently when Jean once again was admitted to the hospital and the doctor on call wanted her to take tranquilizers to relax. Jean refused, under great pressure, and hopes that her insistence made an impression. "He (the doctor) couldn't understand that for an addict, one pill can be very dangerous."

Today, Jean feels that she is a completely different person. She is more honest with herself and other people and that feels really good. She laughs easily as she describes how she has become more involved in her community, especially as a member of Amethyst's Speakers' Bureau. "If you had told me a few years ago that I would speak in public, I would have said you're crazy!" It's wonderful to hear her laugh.

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Mary Anne

Mary Anne Wilson laughs as she describes her new position as an administration clerk at a national pharmaceutical association, and admits that the job is somewhat ironic. Five years ago, Mary Anne was addicted to over-the-counter medication and alcohol. When she called Amethyst Women's Addiction Centre for help, she was taking the prescription drug Fiorinal with alcohol on a daily basis.

The Amethyst program helped Mary Anne to regain control of her life through examination of the factors underlying her addiction. Low self-esteem and poor body image kept Mary Anne reaching for drugs to relax and feel accepted. While at Amethyst, she learned to begin replacing this coping mechanism with more life-affirming options, such as adopting a self-nurturing attitude and using relaxation constructively. She has never looked back.

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